# Le bon usage des titres et intertitres Dans notre rapport au texte, nous pouvons nous demander longtemps « qu’est-ce que je dois utiliser comme niveau de titre ? » En effet, tous les logiciels qui gèrent du texte nous proposent différents niveaux — ce qui est nécessaire à la [[pensée structurée et informatique|pensée structurée]] — et l’on ne sait pas trop lesquels utiliser pour quels usages. Pour vous aider, je vous soumets ici à la fois le résultat de mon expérience et ce qui paraît être un consensus parmi les auteurs et parmi les spécialistes du [[gestion personnelle des connaissances|PKM]]. La logique est la suivante. #### Niveau un Un livre est fait de chapitres et chaque chapitre a un titre. C’est pour ce titre que l’on va utiliser le niveau le plus élevé, le **niveau 1**, qui correspond, en *Markdown*, au niveau avec juste un seul  `#`. Par analogie, le titre de nos fiches de notes est aussi un titre de niveau 1. ```Markdown # Titre du chapitre ou de la fiche ``` #### Niveau deux Ce niveau est réservé, en quelque sorte, au cas où un chapitre ou une fiche deviennent suffisamment longs pour justifier d’être organisés en différentes « parties ». On donne alors à ces parties un titre de **niveau 2** : ```Markdown ## Titre d’une partie ``` #### Niveau trois C’est ce qu’on appelle couramment un « intertitre ». Il sert à structurer un article ou une fiche en les séparant en une suite d’idées, d’arguments, de sujets, etc. * une idée ⭢ un intertitre * un argument ⭢ un intertitre * une action décrite ⭢ un intertitre * un sujet ⭢ un intertitre ```Markdown ### Intertitre ``` Cette structuration est à la fois pour la clarté conceptuelle des idées et pour la clarté visuelle. Il est intéressant de savoir que l’on peut également faire des liens — des renvois — vers ces intertitres : ```Markdown [[nom de la fiche#intertitre]] ``` Vous trouvez plein d’exemples dans ce site internet et sur cette fiche même ! Les articles de *Wikipédia* aussi sont généralement structurés en parties séparées par des intertitres. #### Niveau 4 C’est assez rarement que l’on utilise le **niveau 4**. Je pense pouvoir dire qu’on ne l’utilise pratiquement jamais dans des textes littéraires, si ce n’est dans des essais longs et très structurés. C’est généralement dans des modes d’emploi ou dans des manuels informatiques que l’on peut avoir besoin de séparer une partie de **niveau 3** en plusieurs sections ; ces sections de la partie de niveau 3 seront alors introduites par un intertitre de niveau 4. ```Markdown #### Sous-partie ``` #### Niveaux 5 et 6 Bien des « béotiens de l’écriture » écrivent des « titres sauvages » ainsi : > **Titre en gras :** > Paragraphe normal, texte normal, appelez-le comme vous voulez. Ils mettent en gras une ligne et pensent avoir écrit un titre. Visuellement, c’est « presque ça », à la condition de laisser une ligne vide au-dessus. Mais conceptuellement, ce n’est pas un titre, c’est juste du « texte en gras » et ce texte n’apparaîtra pas dans la table des matières. Clairement, ce n’est pas la bonne façon de procéder. Je vous propose de considérer que ces titres des niveaux 5 et 6 correspondent un peu à cela : les endroits où vous auriez utilisé du « texte en gras suivi de deux points ». En ce qui me concerne, j’utilise une feuille de style qui colore les `h5` et laisse les `h6` dans la couleur du texte. Ainsi, je structure mon texte en utilisant parcimonieusement la couleur. D’un point de vue logique, ces `h5` et `h6` sont équivalents — ils sont de toute façon d’un niveau inférieur à tous les autres. ```Markdown ##### Titre de niveau 5 ###### Titre de niveau 6 ``` Je complète mon propos en soulignant que les typographes préfèrent généralement les éviter complètement, se restreignant à l’utilisation des niveaux 1 à 4. #### Et les sous-titres ? Il convient de distinguer, mentalement, ce qui est « structure » du texte et des idées et ce qui est « mise en page », c’est-à-dire l’aspect visuel du produit fini. En vérité, un « sous-titre », c’est un « complément visuel au titre », ce n’est pas un « titre de niveau inférieur au **titre** ». C’est un concept de mise en page : c’est un bout de texte qui complète le titre. Typogaphiquement, on le compose en caractères plus petits que ceux du titre. Mais conceptuellement, structurellement, il fait partie du titre, il n’est pas « le titre d’une partie ». Les **titres de parties** sont des titres de **niveau 2**, `##`, comme nous l’avons vu plus haut. ### Utilité et sens de tout cela ^[Ceci est un exemple de titre de niveau 3 ; il introduit une nouvelle partie du billet, celle qui explique la logique et l’intérêt de ce qui vient d’être exposé. Jusque là, j’ai utilisé des titres de niveaux 4, implicitement subordonnés à `### Les différents niveaux de titre` que je n’ai pas mis explicitement par souci de légèreté du texte.] J’aime l’idée que « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement » (Boileau). Le fait de structurer son discours avec des intertitres et des niveaux hiérarchiques bien pensés, c’est la mise en œuvre de cette idée, cela donne de la clareté au propos ⭢ [[pensée structurée et informatique]]. On peut aussi dire que *forme et fonction* vont ensemble : la structure des idées, c’est beau pour l’esprit, tandis que l’aspect structuré du texte écrit, c’est beau pour l’œil. Finalement, il y a aussi une logique « informatique » : quand on a correctement structuré son texte avec des titres de niveaux clairement identifiés, un ordinateur peut facilement extraire une table des matières. Et les éditeurs de texte modernes proposent même une table des matières “live” — un *outline* — du texte en cours, que l’on peut utiliser pour naviguer dans le document que l’on est en train d’éditer ! Voici comment apparaît l’*outline* du présent billet dans *Typora*, par exemple : ![[Typora — outline.png]] <br>Ainsi, dans des traitements de texte comme Word ou Pages, les « styles de titre » (Titre 1, Titre 2, etc.) correspondent exactement à ces niveaux hiérarchiques. En les utilisant plutôt que du « texte en gras », on obtient non seulement un document plus clair, mais aussi une table des matières automatique et une navigation structurée. Bien structurer les titres n’aide pas seulement « l’intellectuel non‑geek » : cela rend aussi les textes plus accessibles aux personnes qui lisent avec un logiciel de transcription vocale ou qui se fatiguent vite visuellement. Une bonne hiérarchie de titres facilite la navigation, le repérage des idées, et évite de perdre le fil — 😉 aux personnes qui ont un TDA / H. ### En pratique ^[Autre exemple d’un titre de niveau 3 ; il introduit une nouvelle partie du billet, celle qui explique comment utiliser les concepts qui viennent d’être exposés.] Voici quelques règles simples qui vous simplifieront la vie. À l’usage, elles deviendront « seconde nature » et vous n’aurez plus besoin d’y penser. 1. Toujours commencer un chapitre ou une fiche par un **Titre de niveau un**, `#` 2. Structurer le texte ou la fiche avec des **Intertitres de niveau trois**, `###`. 3. Quand la fiche devient « trop » longue ou si le chapitre le mérite, séparer en *sous-parties* notées avec des **Titres de niveau deux**, `##`. 4. En cas de nécessité, séparer les sujets de niveau 3 en **Sous-sujets de niveau quatre**, `####`. 5. Quand vous envie de marquer un bout de texte avec du « gras suivi de deux points », utilisez les **intertitres de niveau cinq** ou **six**, `#####` ou `######`. | Niveau de titre | Syntaxe Markdown | Rôle principal dans le texte | Exemples d’usage typiques | Remarques | | --------------- | ---------------- | -------------------------------- | ------------------------------------------------------------------------ | ----------------------------------------------------------------------------- | | Niveau 1 | `#` | Titre du chapitre ou de la fiche | Titre de livre, titre de note PKM, titre d’article | Un seul par document ou fiche. C’est la racine de la structure. | | Niveau 2 | `##` | Titre de partie | Grandes sections d’un chapitre, grandes thématiques d’une fiche longue | À utiliser quand le texte devient long et mérite d’être découpé en parties. | | Niveau 3 | `###` | Intertitre (idée/argument/sujet) | Idées principales, arguments, sujets, actions décrites | Niveau de structuration courant, utile dans la plupart des textes. | | Niveau 4 | `####` | Sous‑partie d’un niveau 3 | Sous‑sections d’un mode d’emploi, d’un manuel, d’un essai très structuré | Rare dans les textes littéraires ; à réserver aux textes longs et techniques. | | Niveau 5 | `#####` | Détail ou rubrique fine | Cas particuliers, précisions, rubriques courtes, notes de détails | Proche de l’usage « texte en gras suivi de deux points ». | | Niveau 6 | `######` | Détail ou rubrique fine | Idem à 5 | Équivalent logique à h5 ; choix esthétique | Selon le type de texte que vous écrivez, voici quels niveaux de titres utiliser en priorité : | Type de document | Niveaux recommandés | Interprétation pratique des niveaux | | ------------------------------- | ----------------------- | ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ | | Fiche de note PKM | h1–h3 <br>(évent. h4) | h1 = titre de la fiche, <br>h2 = grandes parties ou rubriques,<br>h3 = idées/arguments/sujets,<br>h4 = sous-parties de h3, si besoin. | | Chapitre de livre, essai | h1–h4 | h1 = titre du chapitre, <br>h2 = sections majeures, <br>h3 = sous‑sections (intertitres), <br>h4 = sous‑sujets dans les essais très structurés. | | Article de blog | h1–h3 | h1 = titre de l’article, <br>h2 = grandes parties (introduction, développement, conclusion élargie), <br>h3 = points clés et arguments. | | Mode d’emploi, manuel technique | h1–h4<br>(évent. h5/h6) | h1 = intitulé de la procédure ou du document,<br>h2 = grandes étapes ou fonctionnalités,<br>h3 = sous‑étapes, <br>h4 = cas particuliers / variantes, <br>h5/h6 = détails fins. | | Note de réunion, synthèse | h1–h3 | h1 = titre de la réunion ou du sujet, <br>h2 = thèmes abordés, <br>h3 = décisions ou points d’action. | ### Complément d’information À l’appui de ce que je viens d’expliquer, voici un extrait du dialogue de configuration des thèmes visuels de l’éditeur *Ulysses* : ![[Ulysses — Titre et intertitres.png]] <br>Je ne saurais rêver d’une meilleure illustration ! &emsp; <p style="text-align: center;"><a href="https://dr-spinnler.ch"><img src="https://dr-spinnler.ch/myfiles/logos/Olivier-Spinnler.png" class= "signature"/></a></p> <p style="text-align: center; font-style: italic;">le 12 juillet 2026 </p> &emsp; ---------------------------------------------- #écriture #PKM #typographie [[environnement de travail de l’intellectuel non-geek]]  ✦  [[pensée structurée et informatique]] &emsp;